èté caucasien

Deux semaines sur les terres de la seconde patrie de Madeleine : l'Azerbaè?djan. Et une semaine en Géorgie pour compléter un tour des pays de l'ex-URSS bien commencé l'année dernière pendant le Mongol Rally !

L'idée originale était de faire un Bakou-Rally?? Paris - Bakou en voiture avec notre fidèle MacMobile pour un nouveau voyage d'une dizaine de milliers de kilomètres à travers l'Europe de l'est et le Caucase. Mais quelques soucis nous auront fait changer nos plans un mois avant le départ alors que nous avions déjà commencé à préparer la voiture (découpage de matelas, réparation du train avant??)

Nous voici donc au départ pour Tbilisi, la capitale de la Géorgie, depuis l'aéroport de Munich (oui, sinon c'était trop simple) après un rapide passage en Bretagne (oui oui, en France !) et à Strasbourg?? Et à peine arrivés en Géorgie, nous nous précipitons dans un train pour la capitale de l'Azerbaè?djan, Bakou ! Oui car nous nous étions mis au défit d'arriver à temps pour le mariage d'amis de Madeleine là-bas?? et nous avons réussi (faut dire qu'ils ont avancé la date après l'achat de nos billets) !

Premier mariage caucasien pour moi : ambiance très sympa et assez décontractée. Il y a tout un rituel et le plus important est la vidéo qui sera tirée de cet événement, tout est donc fait pour que le film du mariage soit un succès. Mise en scène de la voiture des mariés qui arrivent. Les mariés passent un ponton pour arriver aux tables des convives puis s'installent à leur table, toute décorée (submergée) de fleurs et de n?uds-n?uds assez kitsch, mais qui vont bien avec le reste ! ;) Nous, les invités, nous avons déjà commencé à manger depuis un moment et c'est comme ça que cela se passe ici ! Mais moi qui pensais que les plats sur la table étaient pour la soirée, je m'étais totalement trompé ! L'orgie déjà sur notre table n'était que l'entrée ! Et voici que les plats se succèdent?? Shachliks, viandes grillées ou encore brochettes?? et le clou du diner : le plov ! Du riz pilaf cuisiné avec de la viande et des fruits??. Il est déjà 23h et nous sommes là depuis près de 5h à manger quasi en continu?? nous nous en irons avant les desserts : gros gè?teaux à la crème?? Arf, c'est dur la vie !

Mais la chaleur du lendemain était là pour nous faire perdre les kilos pris la veille au soir. Nous sortons en fin de matinée sous un soleil de plomb?? Il fait au moins 39°?? au moins car une loi azerie dit qu'à partir de 40°, on a le droit de ne plus travailler. Alors quand il faut chaud, il fait toujours 39° ! :) Le gouvernement, enfin, ce qui fait office de gouvernement, très riche grè?ce au pétrole qui inonde le sous-sol de la mer Caspienne, contrôle le pays. Point de liberté de la presse et de place pour de quelconques opposants politiques. Le peuple est maintenu dans un conflit permanent avec l'Arménie, pays voisin qui occupe une partie des terres de l'Azerbaè?djan, le Karabagh. Et pour s'assurer un pouvoir à vie, le président, déjà successeur de son père, a lancé un référendum pour qu'il n'y ait pas de nouvelles élections présidentielles tant que le conflit avec l'Arménie ne serait pas réglé?? et quand on sait que cela dure déjà depuis plus de 15 ans??

è? part ça, Bakou est une ville soviétique bien différente de celles que j'avais pu voir l'année dernière. Elle contient une vieille ville musulmane fortifiée mais malheureusement en train d'être "restaurée", ce qui lui vaut d'être inscrite sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'UNESCO. Le fait qu'elle soit au bord de la mer lui donne un air plus méditerranéen, mais c'est surtout la reconstruction à marche forcée dans toute la ville qui la rend différente. En effet, Bakou est en perpétuels travaux. On ne peut pas tourner la tête sans voir un nombre incalculable de grues et de chantiers de grande ampleur. Quand on sait que la zone est sismique et surtout quand on voit comment ils construisent leur tours?? on n'ose imaginer le pire !

Après voir passé une semaine dans Bakou pour rencontrer les amis de Madeleine et se faire quelques excursions à la plage, dans les champs de derricks de forage ou encore à Yanar Dagh, une montagne enflammée en permanence grè?ce au gaz qui s'en échappe, nous partons un peu plus au frais à la campagne, dans LE lieu immanquable en Azerbaè?djan : Shéki et son palais Khan Saray. Les 6h de routes en bus pour arriver à Shéki sont assez monotones et surtout, très chaudes car en plein dans le désert situé entre le Grand Caucase (au nord) et le Petit Caucase (au sud). Nous irons nous installer dans un superbe Caravansérail reconverti en hètel. Le lieu est vraiment très agréable et relativement frais car beaucoup de zones sont à l'ombre. Nous nous baladons dans la ville, elle aussi en pleine reconstruction dans la rue principale. Mais les Azeris n'ont pas tout bien compris au tourisme et pendant que nous visitons ce palais, on nous demande de sortir illico?? Motif ? Cela fait plus de 10 minutes que vous êtes là ! Celle-là c'est la meilleure ! Non seulement on a payé notre entrée, mais en plus, ce lieu est l'un des seuls endroits historiques du pays qui mérite vraiment le détour?? alors si on ne peut y rester que 10 minutes, ça va pas le faire ! Heureusement, Madeleine parle assez bien azéri pour expliquer notre mécontentement au vendeur de tickets. Celui-ci nous concède une deuxième visite?? mais pas plus !

Et tout est comme ça avec les Azéris ! Arnaque de quelques manats sur les notes de restos (1 manat = 1 euro), il faut négocier à chaque fois avec les taxis, rè?ler dans les restos qui arnaquent sur les shachliks, se prémunir contre les arnaques aux stations de bus?? bref, je n'avais pas connu de pays où beaucoup de choses de ce genre rendait la journée à ce point désagréable et empêchait que l'on profite pleinement de ce qu'on était en train de voir??

Alors nous partons nous échapper au nord du pays, près du Daguestan, dans le village d'une amie de Madeleine, Hazraa près de Qusar. Depuis la colline qui surplombe le village, on voit la Russie, séparée par un cours d'eau. Les habitants de cette région, les Lesguis, n'ont jamais tenu compte de cette frontière. Mais ce peuple est maintenant divisé de part et d'autre de la rivière et il faut aller jusqu'au point de passage pour traverser la frontière ce qui rend leur vie encore plus difficile qu'elle ne l'est déjà ! Car pour nos parents, ça peut leur rappeler des souvenirs, mais pour nous, c'est presque le moyen-è?ge ! Il n'y a pas l'eau courante, l'électricité est assez?? aléatoire, les routes : des pistes, et on ne peut pas dire qu'il y ait de supermarchés aux alentours. Alors la mère trait la vache 2 fois par jour. Le père va chercher de l'eau au puits en pleine nuit car il y a trop de monde pendant la journée, la tante passe la plupart de la journée à cuisiner pour toute la famille, l'autre tante s'affaire à faire rentrer toutes les poules le soir?? Et comme nous sommes là, tout le monde se démène d'autant plus pour que nous soyons reçus comme il se doit là-bas (c'est-à-dire, mieux que chez nous !). Les toilettes sont dans une cabane au fond du jardin et la douche dans une autre, où l'on fait chauffer de l'eau au feu de bois dans d'immense marmite ! è? cèté de ça, le fils à obtenu la meilleure note du pays pour son Bac?? comme quoi, le niveau de vie n'a pas de lien direct avec l'intelligence ;-)

Retour à Bakou pour regagner la Géorgie en train en "plaskart" : la 3ème classe. èa me rappelle de très bons souvenirs du Transsibérien pendant le Tour Du Monde car ce sont les mêmes trains avec la même disposition à l'intérieur. Nuit un peu à l'étroit, puis on arrive à Balakan, très près de la Géorgie. Il faut encore un bout de taxi pour rejoindre la frontière. Le passage se fait à pied et est plutèt long. On attend sous un cagnard terrible et après le coup de tampon cèté Azéri, on arrive cèté Géorgien où l'accueil est tout à fait différent ! : "Welcome in Georgia" nous lancent tous les gardes-frontières ! Ahh, c'est agréable !

Nous sillonnerons un peu l'est du pays en passant par Telavi, le joli village de Singnani, et les monastères de David Garetja. C'est une multitude de monastères creusés à même la roche dans des bouts de falaises?? vraiment superbe ! Retour à Tbilisi pour 2 jours. Le premier pour visiter le village de Mtskheta, près de la capitale. Grosse église fortifiée et une autre église qui domine toute la vallée (Sainte Nino). Nous nous promenons le long de la rivière?? Et nous passerons le deuxième jour à Tbilisi (vaut vraiment le détour !) : visite de la vieille ville, du chè?teau, des quartiers branchés?? et surtout d'un pont magique ! :) Nous jouerons avec le pont jusque tard le soir, avant de regagner l'aéroport pour repartir à Munich où nous attend notre MacMobile?? enfin, c'était sans compter une nouvelle fois, un problème d'avion qui nous clouera au sol pendant encore 4h !??

Commentaires

1. Le samedi 16 octobre 2010, 09:49 par Laetitia

Merci merci pour ce chouette récit ! On s'y croirait, presque ! en tout cas on se fait le film, on vous imagine sous la chaleur, ayant trop mangé, vous faisant arnaquer, marchant sous le cagnard, ouvrant grands les yeux et la calculette mentale, tout bien ! Bonne chance pour la suite, et l'installation à Melbourne. Bises à tous les deux.

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